Un mois après l’ouverture du bal, ce que nous voulons construire
Un mois, c’est l’âge où l’on ne sait encore rien faire seule, mais où l’on regarde tout. Le journal est jeune, son sommaire encore mince, et nous le savons. Voici ce que nous voulons en faire, et ce que nous attendons de vous.

Nous voici le 2 février, jour de la Chandeleur. La fête des chandelles tombe quarante jours après Noël ; on y faisait autrefois bénir des cierges, on y fait aujourd’hui sauter des crêpes en tenant une pièce dans la main gauche, pour la prospérité de l’année. Il y a un peu plus d’un mois, la veille de Noël, nous ouvrions le bal. La coïncidence nous plaît : une fête de la lumière pour un premier anniversaire, si modeste soit-il.
Un mois, à l’échelle d’un journal, ce n’est rien. C’est l’âge où l’on ne sait encore rien faire seule, mais où l’on regarde tout avec des yeux immenses. Nous en sommes là.
Ce que nous savons déjà
Nous savons que notre sommaire est encore mince. Inutile de le cacher : vous l’avez vu. Quelques articles sur les droits des femmes, sur la beauté, sur la mode, des éditos, et beaucoup de cases encore vides. Un journal se construit page après page, et nous préférons une page juste à dix pages de remplissage.
Nous savons aussi ce que nous voulons. Écrire pour toutes les femmes, quel que soit leur âge, sans parler aux plus jeunes comme à des enfants ni aux plus âgées comme à des souvenirs. Dire vrai, quitte à dire moins. Parler de rouge à lèvres et de Code civil dans le même numéro, parce que les vies de femmes sont faites ainsi, de choses graves et de choses légères qui se côtoient sans se demander la permission.
Nous avons appris, aussi, que tenir un journal ressemble à tenir une maison. Il y a les grands chantiers, que l’on rêve, et les petits gestes quotidiens, que l’on oublie : vérifier une date, retrouver une source, couper une phrase trop belle pour être vraie. Ce sont les seconds qui font la solidité des premiers. Nous y passons plus de temps que vous ne l’imaginez, et nous ne le regrettons pas.
Nous préférons une page juste à dix pages de remplissage.
Ce que nous attendons de vous
Un journal qui ne parle qu’à lui-même finit par s’ennuyer. Le nôtre a besoin de vous, et pas seulement comme lectrices.
Dites-nous ce qui vous plaît, et plus encore ce qui vous manque. Une rubrique que vous chercheriez en vain, un sujet que personne ne traite comme il faudrait, une question qui vous tient éveillée la nuit : écrivez-nous. Nous lirons tout, nous discuterons de tout entre nous, et nous vous dirons ce que nous en faisons.
Et si vous écrivez vous-même, si vous avez un savoir, une colère, une expertise ou simplement un regard, proposez-nous vos textes. Nous ne cherchons pas des plumes parfaites. Nous cherchons des femmes qui ont quelque chose à dire et l’envie de le dire bien. Les timides surtout sont les bienvenues : elles écrivent souvent mieux que celles qui parlent fort.
En attendant le printemps
L’année a commencé vite, comme toutes les années. Février est le plus court des mois, et l’on a toujours l’impression qu’il passe à la dérobée. Profitons-en. Dans les sous-bois, les perce-neige sont déjà sortis ; dans quelques semaines viendront les jonquilles, puis le reste.
Il en va des journaux comme des jardins. On plante en hiver des choses qu’on ne verra fleurir qu’au printemps, et l’on vérifie chaque matin, un peu bêtement, si quelque chose a poussé. Merci d’être venues regarder avec nous.






